Ce qu’on appelle communément l’ « inflation » est en fait l’évolution de l’ « indice des prix à la consommation ». En 2018, l’inflation belge s’élevait à 2.2% sur un an. (1.9% pour la France)

Voici le détail du calcul pour la Belgique :

 

Pondération

Inflation harmonisée (IPCH) décembre 2018

 

Alimentation et boissons non alcoolisées

165

1,40 %

 

Boissons alcoolisées et tabac

49,7

4,90 %

 

Habillement et articles chaussants

53,2

0,60 %

 

Logement, eau et énergie

162,8

4,10 %

 

Ameublement et équipement ménager

74,1

0,80 %

 

Santé

81,5

1,40 %

 

Transport

123,6

3,40 %

 

Communication

32,9

0,20 %

 

Loisirs et culture

87,8

1,50 %

 

Enseignement

5

1,30 %

 

Hôtels, cafés et restaurants

80,7

2,30 %

 

Autres biens et services

83,7

1,40 %

 

Total

1000

2,20 %

 

On voit que les postes qui influencent le plus l’inflation sont le coût de transport et du logement.

Or, il y a quelque chose de troublant. Le coût du logement (+eau et énergie) ne compte que pour 16% des dépenses ici. Or si l’on regarde où les ménages belges dépensent leur argent on trouve un autre chiffre, plus réaliste de 30% :

D’où vient cette différence ? Du fait que le coût d’achat du logement n’est pas pris en compte dans l’indice des prix à la consommation.

Or 70% des Belges ne sont pas locataires et leur coût de logement est donc exclu du calcul de l’indice des prix à la consommation. Le montant dépensé pour vivre sous un toit est donc sous-estimé dans cet indice.

Après échanges avec StatBel qui s’occupe de la génération de ces indices (équivalent INSEE en France) il m’a été confirmé que, je cite :

  • « Le coût d’achat d’un logement n’est pas pris en compte dans l’indice des prix à la consommation car il s’agit d’un investissement. Le poids des loyers dans l’indice des prix à la consommation est uniquement déterminé par les loyers réellement payés par les locataires tel que mesuré par l’enquête sur les budgets des ménages, et pas par les loyers imputés aux personnes propriétaires de leur logement »
  • « Le poids des loyers dans l’indice des prix s’élève à 7,8% en 2019 (et est basé sur les résultats de l’EBM de 2016) »

On comprend donc assez bien que l’indice des prix à la consommation ne reflète donc pas vraiment les dépenses réelles des Belges.

D’autant que le prix des logements à l’achat augmente plus vite que l’inflation et ce à qualité technique de logement constante.

Le problème, c’est que cet indice sert de base à l’indexation des salaires… et le salaire évolue moins vite que le prix du logement, d’où une bulle immobilière.

Enfin, il y a encore une subtilité. L’indexation des salaires, des allocations sociales et des loyers ne base pas sur l’ « indice des prix à la consommation » mais sur l’ « indice santé ».

La valeur de cet indice est obtenue par la soustraction de certains produits du panier de l’indice des prix à la consommation, à savoir les boissons alcoolisées (achetées en magasin ou consommées dans un café), le tabac et les carburants, à l’exception du gaz de pétrole liqué (GPL ou LPG).

Si vous revenez au tableau du début de l’article, vous voyez qu’en fait, on soustrait donc tout ce qui a une forte inflation (4.9% pour boissons alcoolisées et tabac, 3.1% pour le transport). Et ce sont les postes où l’état peut ajouter ses taxes sans que n’impacte l’inflation :-).

Ainsi en 2018, l’augmentation de l’indice santé a ainsi été calculé à seulement 2.0%. Enjoy !

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